Discours de présentation de la Nouvelle Aicole de Nency

Voix la la n'est nez nez ( Voilà la N.Ai.Ne est née) Guillaume Houin
Voix la la n’est nez nez ( Voilà la N.Ai.Ne est née) Guillaume Houin

Ce jour est un grand jour pour le collectif du LABO DTF. Nous en avons longuement parlé. L’ambition est certes mesurée, mais nous l’avons fait : la Nouvelle AIcole de NEncy est née.

Léger retour en arrière pour évoquer le commencement.

Il y a dix ans, une poignée d’irréductibles souhaitaient trouver un lieu pour donner corps à leurs aspirations. De ce petit noyau en fusion naîtra l’Art Demi-Sec, croisement d’Art Brut et de Dadaïsme. Le laboratoire, lui, stoïque, telle l’enveloppe protectrice qu’il représente, verra s’opérer un glissement et une oscillation entre l’Art Demi-Sec et l’Art contemporain. Tout cela à travers d’interminables palabres et tensions lors de soirées oh combien vivantes ! Très vite, le besoin de se confronter au public et à la critique convergera et nous profiterons d’un lieu au 117 rue Charles III à Nancy (« L’explosition« , « Black à Août« ) et de l’aventure des ouvertures d’ateliers pour présenter notre travail. Alors vous me direz tout cela est commun à toute association ? Peut-être oui, mais là nous touchons aux prémices de la Renaissance de l’École de Nancy, car plus que le collectif qui incarne le réenchantement du monde, le bouillonnement d’idées, c’est bel et bien la volonté de voir émerger une nébuleuse de créateurs vers un ailleurs venu d’ici. Continuer la lecture de Discours de présentation de la Nouvelle Aicole de Nency

Bienvenue sur le Blog de La N.AI.NE, la Nouvelle Aicole de Nency.

La N.AI.NE voit le jour début 2012 autour du collectif « le Labo DTF » et de sa nébuleuse.
L’art demi-sec s’est illustré et évaporé sur les braises de l’art contemporain. De ses éthers la Nouvelle AIcole de NEncy est née.
Celle-ci n’admet aucune imperfection, rien n’est trop beau pour qui ne sait de quoi demain sera fait.
L’ambition de la N.AI.NE est d’entraîner dans son sillage, les illuminés de la Re-re Naissance.
Cet endroit hybride, subtil mélange entre laboratoire et galerie d’art, vous ouvre ses portes de manière aléatoire, alors restez connecté pour suivre notre actualité !

La Biennale d’art contemporain de Venise 2009

Le Labo DTF a dépêché pas moins de 3 envoyés spéciaux pour couvrir la 53ème biennale de Venise. Un reportage réalisé par Romain DURCIK, Nicolas DURAND et Guillaume HOUIN. Le thème de cette biennale était « faire des mondes »…

« faire des mondes », quoi de plus fourre-tout qu’un thème si généraliste ? De quoi donner à tout le monde l’occasion de faire ce qui lui plait… Cette année la biennale à récompensé de son lion d’or Bruce Nauman, dans le pavillon américain, pourquoi une telle décision vous me direz-vous ? il est vrai que l’on peut s’interroger, pas parce qu’il ne le mérite pas, mais pourquoi récompenser d’un lion d’or un artiste dont les oeuvres datent des avant-gardes minimales et conceptuelles des années 60. Sinon que dire si ce n’est beaucoup beaucoup de choses à voir, une édition chargée à mon goût, comptez une semaine pour faire le tour vraiment ! Claude Lévêque fait la différence évidemment en murant l’entrée d’une paroi aveugle, un décor argenté brillant, des cages à fauves et des drapeaux noirs, un minimalisme et une esthétique particulière, les russes cette année frappent fort, des dessins à l’encre de Pavel Pepperstein, Shuralev qui a punaisé sur les murs noirs de minuscules portraits de personnes célèbres du 20è s., Molodkin met en scène 2 athéna sous respirateur artificiel, une avec du sang pour la vie et l’autre avec du pétrole tchétchène, la mort, le must reste Kallima, qui a peint sur les 4 murs d’une salle, une foule en délire d’un stade, visible qu’à la lumière noire, en fond sonore les cris progressives de la foule, puis une interruption brutale de l’ensemble nous ramène à une pièce blanche et silencieuse…le meilleur pavillon à mon goût. On pourrait faire le tour de chaque pavillon, mais il faudrait un article de 3 kilomètres.

Guillaume HOUIN

Les rencontres de la BAC : ELISE FRANCK au coeur des songes.

Parmi les peintres que la BAC souhaitait ausculter, Elise Franck fut la première à nous ouvrir son antre. Décor coquet d’un atelier relevant plus d’une chambre universitaire que d’un cloaque du XIX ème. L’élaboration de sa création se joue de son enfance à travers la mémoire.

« Ma grand-mère ne sait pas que je m’inspire d’elle, ça me gêne de lui dire. je détourne ses question, je fais mine de ne pas posséder de photographies de mes travaux. »(1)

Détail de la toile « Chardin » représentant un buste antique sur une commode, qui effrayait et inquiétait Elise Franck enfant la nuit, lorsqu’elle était chez sa grand-mère.

Sa mémoire renvoie à des objets, des instants, à des êtres en perpétuel ricochet.

« Mes petits croquis, c’est vraiment pas grand chose. C’est juste pour visualiser des lignes. Ces petites images m’aident à construire mes toiles… »(2)

Il faut voir ses toiles (grand format) vous happer comme pour mieux vous intégrer à ses songes. Sa création suit les méandres de fixations traumatiques, comme si elle longeait un fleuve ou le lapin côtoie la fève sans la galette. Difficile de décrire l’impression qui se dégage de ses toiles car il y a toujours une inquiétante étrangeté qui se mêle à une gourmandise non feinte.

Son travail s’appuie sur une économie de matière qui permet de retrouver cette touche délicate qui anime ce « je ne sais quoi » d’imperceptible effroi. Tout cela est truffé de nuances (de tons, d’ émotions, d’ impressions…). L’on est dans l’intime, l’intérieur, dans l’antre de la peintre.

Sa dernière toile, toujours en cours, nous laisse entrevoir d’imperceptibles évolutions dans le traitement; ses teintes demeurent lumineuses, douces, mais plus intenses et plus épaisses.

palette de l’artiste

Le thème évolue (paysage culinaire actuel) où comment peindre une montagne à l’aide de deux clichés, l’un d’une coupe de glace chantilly et l’autre d’un paysage montagneux.
Son espace de création, à l’aube de sa carrière, est tourné vers son passé, ses souvenirs. La Bac a hate de retrouver Mademoiselle Franck après la virgule, celle qui ponctuera le passage d’un passé tourmenté vers un futur incertain mais que nous lui promettons radieux et « enchanté ». Nous espérons très prochainement la revoir en dehors de son atelier. Une exposition lui permettrait peut-être de finir d’écrire sa première phrase, celle qu’elle avait commençée d’inscrire sur ses premières toiles et ainsi « par la présente »(3) continuer son histoire picturale que nous nous promettons d’accompagner.

(1) extrait de « Par la présente », Elise Franck, DNSEP art 2007.
(2) extrait de l’entretien réalisé par la Bac
(3)référence faite à: »Par la présente, je n’appartiens plus à l’art », livre de Joseph Beuys.

Nom : Elise FRANCK, née le 12/10/1984, à Metz

Adresse de son atelier : 09 rue des soeurs macarons 54000 NANCY

http://www.elisefranck.fr
Parcours :

2005 Galerie Lillebonne Nancy Organisation de l’exposition « Dans le noir » Exposition de travaux d’étudiants des Beaux-arts 2006 Espace 117 Nancy Exposition collective 2006 Galerie Automatique Bâle, Suisse 2006 Galerie de l’Esplanade Metz « Double Face », exposition collective 2007 Fort de Jouy-sous-les-côtes Jouy-sous-les-côtes Exposition « le patrimoine militaire au sein de l’art contemporain » 2007 Galerie Poirel Nancy « Le nouveau paysage familial », exposition collective

2002 Lycée de La Communication Metz Baccalauréat littéraire option arts plastiques, mention AB 2002-2007 Ecole Nationale Supérieure d’Art Nancy 2005 Diplôme National d’Arts Plastiques, option art, avec mention 2005-2006 Echange Erasmus à l’Académie des Beaux-arts de Munich, Munich atelier de peinture d’Anke Doberauer (Allemagne) 2007 Diplôme National Supérieur d’Expressions Plastiques, avec les félicitations du jury

Influences : Courbet / Chardin / Kilimnik / Tuymans / Morandi / S.Calle / V.Mréjen / Boltanski

TOUSSAINT DE L’ART

chrysanthemeLe monde voit les bulles spéculatives se désagréger. Le marché de l’art actuel, lui, s’est construit non pas sur des critères artistiques mais sur des fondements spéculatifs. Aujourd’hui la garantie pour un acquéreur d’oeuvres de faire le bon choix ne se justifie plus par la qualité de l’artiste, mais par la puissance du marchand et la solidité de son réseau.

Les 2/3 des collectionneurs importants, ceux qui font le marché, sont anglo-saxons. Cela pose la question de la diversité des oeuvres achetées et de l’impossibilité pour certains artistes d’accéder à ce marché. Une forme d’impérialisme culturel se joue dans le milieu des arts plastiques. Ces clubs d’investisseurs ont privilégié les artistes anglo-saxons. Les critères d’accès à ce marché semblent reposer sur une lecture critique monodirectionnelle, à savoir la subversion.

Le regret que l’on peut avoir est que cette lecture manque de rigueur. En effet, comment admettre la subversion lorsqu’elle est orchestrée par les marchés et subventionnée par les institutions ? Peut-on continuer à lier marché et art ? Si l’on admet que la culture est source de profit, il y a tout à craindre. C’est pourquoi il faut distinguer culture et art, si l’on veut sortir de la crise. Tout est devenu culture mais certainement pas art.

Quel reflet de notre époque les artistes vont-ils laisser aux générations suivantes ? Au regard des créations soit-disant majeures, les thèmes porteurs seraient la fade subversion, le cynisme ou le conceptuel abscons. Nous allons nous arrêter sur le thème du temps : celui-ci est en effet un thème phare de l’art contemporain. Mais à trop vouloir le distordre, il y perd son présent. Où est cet art qui se veut intemporel ? Il n’a plus de lien avec le bain sociétal et il ne prend plus de risque en se frottant au concret (qui ne se confond pas avec la vie quotidienne), au point de vouloir faire disparaitre le le rapport qui se joue entre l’oeuvre et l’époque où elle fut créée. Une toute puissance des artistes néfaste à une mise en critique permettant une évolution. Car que dire de cette redondance de thèmes pseudo philosophiques dans les oeuvres afin de cacher la misère plastique…

Trop d’artistes ont emprunté à Marcel DUCHAMP son intérêt pour la philosophie dans son oeuvre et n’ont retenu que le « Tout est art ». Ne peut-on penser comme le dit Al FOSTER dans « Design and Crime » que le deuil de la modernité et post-modernité n’est pas réalisé ? Ou plus simplement que l’art contemporain dans sa version la plus marchande (Hirst et Koons) n’est-il pas la queue de comète post-moderne ? Pour le dire simplement, ce sont les scories d’un art déjà passé à la moulinette du temps. Similitude avec les artistes pompiers du début du siècle.

Aujourd’hui, en ce premier novembre 2008, qu’en est-il de l’art et quelles conditions pour un après ?

Une des conditions premières devrait être la sincérité dans le travail de l’artiste. Seule voie possible à une démarche du futur. Se nourrir du passé est important, le singer ou pire le copier ne semble pas la voie vers l’après. Il faut expérimenter, se tromper, voyager en soi, tout en regardant dans la lucarne de l’histoire de l’art. Hanna Arendt dans son ouvrage « La crise de la culture » pense qu »il ne s’agit pas de renouer le fil rompu de la tradition ni d’inventer quelque succédané ultra moderne, mais de savoir s’exercer à penser pour se mouvoir dans la brêche ». Ce thème est repris par Pierre STERCKX dans « Impasses et impostures » en insistant sur le fait qu’un changement est nécessaire, un recommencement possible. Il préconise l’arrêt de la part des artistes ou critiques de galvauder sans nuances les phrases de Duchamp et Carl André que sont : « Ce sont les regardeurs qui font le tableau » ou « si quelqu’un dit que c’est de l’art, c’est de l’art ». Cela entraine un grand n’importe quoi. Ce n’est pas parce que nous sommes sur les ruines de l’art du 20ème siècle qu’il faut désespérer. Bien au contraire la reconstruction nous obligera à utiliser le passé et le futur pour un présent toujours dépassé.

Le LABO DTF propose la création de l’Art enchanté : un art de la fiction, du symbolique et d’une autre réalité qui ne se confond pas avec la vie quotidienne. Un art qui refuse de s’enfermer dans la case « promo dollar » tout en s’interdisant de hurler avec les loups contre l’art contemporain. Ce demain de l’art, les laborantins souhaitent y participer et souhaitent y imprimer des valeurs comme l’intentionalité, la fulgurance. Revenir à la forme comme nécessité plastique et ne pas tomber dans le formalisme avec ses clichés et schémas. Cette forme peut être liée au sens et à la subjectivation.

Pierre STRECKX fait reposer ses critiques sur la subjectivité (chère à Deleuze) et l’expression. Sa critique se rapproche de ce que souhaite la LABO DTF pour arriver à se sortir du marasme actuel. Réussir à cuisiner en laboratoire un mixte du savoir et de sensations ou un équilibre entre l’affect, le concept et le percept (saisit le sensible à travers ses apparences).

Enchantons la vie en déposant les armes et fleurissons la tombe de l’art contemporain, et fêtons la naissance de l’Art enchanté ! (ce qui charme, suscite un plaisir extrême).

° Vx Poney